Cl'eo, Veille technologique Transports et Mobilité
Editorial

Anne Guillaume, LAB Professeur agrégé, médecin, Anne Guillaume dirige deux équipes de recherche, l'une en biomécanique et l'autre en sciences cognitives (notamment la perception auditive) pour l'armée jusqu'en 2008.
Elle prend alors la direction du LAB, laboratoire d'accidentologie, de biomécanique et d'études du comportement humain (fondé par PSA et Renault en 1969), et découvre ainsi l'univers particulier de la sécurité routière.

Pourriez-vous nous décrire les activités du LAB en quelques mots ?

Les activités principales du LAB sont l'accidentologie et la biomécanique. Nous allons aussi aborder dans un très proche futur l'étude du comportement du conducteur et des besoins de l'usager, mais en intégrant une logique constructeur.
Nous participons à de nombreux projets collaboratifs européens comme, par exemple, la construction d'une base de données accidentologiques commune, qui permettra de recueillir des informations pays par pays et de se projeter à un niveau européen, tout en tenant compte des spécificités de chaque pays. Nous travaillons également en biomécanique avec des laboratoires comme le laboratoire de biomécanique des Arts et Métiers ParisTech, le Ceesar ou l'Iffstar sur les mécanismes de survenue des lésions thoraciques et abdominales par exemple, ou des projets de modélisation de l'être humain.

En tant que pilote du domaine d'activité stratégique (DAS) Sécurité des usagers de la route (SUR) du pôle Mov'eo, quel est votre avis sur les perspectives d'évolution en matière de sécurité routière ?

Au sein du DAS, nous avons retravaillé notre dossier d'orientations stratégiques pour suivre les nombreuses évolutions qui ont eu lieu depuis 2008. Nous avons mis l'accent sur la sécurité des nouveaux véhicules ; la communication car-to-car et car-to-X ainsi que sur la potentielle modification des typologies d'accidents...
Cela constitue un guide pour de nouveaux projets d'innovation en la matière. Nous avons dégagé quatre axes majeurs de développement :
- l'innovation technologique, par exemple en matière d'éclairage, de protection intégrée (primaire, secondaire et tertiaire), d'infrastructure ou de sécurité des 2 roues motorisés...,
- le développement de "briques" de connaissances sur le comportement des usagers de la route,
- la mise en place d'outils (simulation, modèle numérique, capteurs et fusion de capteurs...),
- l'élargissement à une vision plus internationale.

Le DAS est très actif, notamment sur des projets tels que Safemove (for older drivers) en partenariat avec le cluster suédois Safer, mais il reste des difficultés à faire émerger certains projets, notamment sur la sécurité des 2 roues motorisés (2RM), alors que cette thématique devient essentielle aujourd'hui.

Et justement, quelles sont les difficultés propres à cette activité ?

Il s'agit de mettre l'accent sur l'usage fait par les conducteurs des nouvelles technologies intégrées dans les véhicules (comme le GPS, les différentes aides à la conduite par exemple). Il y a un travail en amont à mener sur la façon d'informer les conducteurs sans diminuer leur concentration sur la route, et sur la manière de faciliter la conduite tout en conservant au conducteur l'action et le plaisir de conduire.
Le rôle du DAS SUR est de favoriser la rencontre et la collaboration entre les différents acteurs de la sécurité routière pour encore plus d'efficacité. C'est un challenge sociétal et humain puisque l'enjeu est de sauver des vies. Nous avons tous un rôle à jouer.

Qu'en est-il des PME dans cet univers très spécifique ?

En 2010, nous avons constaté une bonne participation des PME dans les projets soutenus par le DAS. Il y a un gros potentiel, surtout dans les systèmes coopératifs communicants, mais cela ne va pas sans difficulté. C'est une niche pour des PME prêtes à s'engager dans de la recherche pointue et très innovante.
Il ne faut pas hésiter à participer à des ateliers organisés par le DAS pour créer ou intégrer des projets collaboratifs.

C'est aussi une manière de faire de la veille ?

Oui ; participer à des ateliers, partager avec d'autres experts, permet d'anticiper les technologies émergentes et de préparer les projets en établissant un état de l'art pertinent.
C'est indispensable pour avancer.

Que souhaiteriez-vous passer comme message aux PME qui nous lisent ?

Nous sommes en phase de rupture technologique et la conception de la sécurité routière va changer... Cela représente un fort potentiel d'applications et de développements pour les PME qu'il est important d'exploiter dès à présent.

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