Cl'eo, Veille technologique Transports et Mobilité
Editorial

Dominique Doucet - Continental Ingénieur, Dominique Doucet commence sa carrière dans l'aéronautique de défense où il développe des systèmes embarqués pour missiles. Il rejoint Continental dans les activités multimédia dans les années 2000 lorsque l'automobile commence à s'intéresser aux systèmes embarqués, avec l'objectif de développer une approche système.
Depuis un an, il est directeur innovation pour l'intérieur du véhicule, sur une spécialité française du "high-tech optimisé" : profiter du high-tech pour optimiser les coûts et suivre les évolutions technologiques du marché.
Depuis septembre 2009, Dominique Doucet est pilote du Domaine d'activité stratégique (DAS) "Solutions de mobilité intelligente" (SMI) du pôle Mov'eo, où il travaille en étroite collaboration avec les deux copilotes Jean-Laurent Franchineau (Veolia) et Samuel Sellam (Ifsttar).

"Rester éveillé, comprendre les évolutions."

Participer à la vie d'un DAS est une activité très enrichissante. C'est avant tout un think tank qui voit plus large que l'automobile ; c'est un réseau d'experts de domaines très variés qui permet de mûrir et confronter des idées, en évaluer les forces et les limites... Cela permet de rester éveillé, de comprendre les évolutions du marché et de la société.
D'ailleurs, c'est à la suite de nombreuses discussions, et notamment celles entrainées par la construction du projet VedeCom, que le DAS s'est repositionné et aborde désormais la chaîne complète de mobilité, dès lors qu'il y a un maillon de mobilité individuelle.
L'usage de la voiture est déjà différent aujourd'hui avec l'utilisation de nouveaux modes de mobilité (parking relais, co-voiturage, services online type Comuto...). Le tout est de lier les services existants qui en forment les maillons pour maîtriser la chaîne de mobilité et garantir un service complet au plus grand nombre.
C'est pour cette raison que nous travaillons sur la mobilité (développer des services à valeur ajoutée), l'Homme (développer des mobiles et des solutions de mobilité pour tous) et le véhicule (développer des technologies pour des mobiles plus intelligents).

Quel modèle économique pour les nouvelles mobilités ?

Le DAS a su replacer la voiture comme un des maillons de la mobilité et a intégré dans sa démarche des univers différents de mobilité physique mais aussi virtuelle. "Ainsi nous travaillons en lien avec des fournisseurs de solutions virtuelles, la ville nouvelle ou même d'autres pôles comme System@tic et Advancity (ce qui nous permet de co-labelliser certains projets)".
La mobilité étant au coeur des préoccupations des acteurs institutionnels, il y a beaucoup d'appels à projets en cours et le DAS traite de nombreux projets (quatre projets postulant à l'AMI Mobilité de l'Ademe, un Eranet + Electromobilité et des projets FUI dont le projet OTC Kaypal, financé, intégrant la logistique dans la chaîne de mobilité).
Malheureusement, un écueil subsiste : la robustesse du modèle économique. En effet, qu'il s'agisse de services venant soutenir le modèle du business traditionnel pour les constructeurs ou de l'hétérogénéité des maillons de la chaîne de mobilité (transport public, transport subventionné, transport privé, transport personnel...), il y a encore de nombreuses difficultés à surmonter.
Néanmoins, des évolutions sont en cours, il faut les suivre et tenter de les anticiper.

"Le véhicule particulier va se replacer dans une chaîne complète de mobilité."

D'ici 20 ans, il n'y aura pas forcement de grands bouleversements sur l'objet lui-même (il faut cinq à sept ans pour faire une plateforme neuve et deux à trois ans pour industrialiser un nouveau véhicule).
Les technologies "de rupture" en cours de développement ou à venir nécessiteront de nombreuses phases de mise au point, de tests, d'évaluations. Des zones dédiées de test en situation devront être définies et les infrastructures probablement modifiées. C'est l'objet de l'IEED VeDeCom, dans lequel Mov'eo est très largement impliqué, de donner un cadre de recherche industriel autour du véhicule du futur et de ses usages.
Pour l'intégration du véhicule individuel dans la chaîne de mobilité, à court terme, ces nouvelles technologies nous permettront de répondre à la problématique du dernier kilomètre qui freine aujourd'hui l'utilisation étendue des transports collectifs en proposant des services de mobilité multimodale où véhicule particulier et transport collectif pourront être coordonnés. A plus long terme, les technologies de rupture permettront d'intégrer un véhicule individuel directement dans l'exploitation de la mobilité collective comme par exemple des véhicules automatisés ou semi-automatisés, partagés, et utilisant des solutions d'attelage virtuels pour pouvoir être gérés automatiquement.
On verra également les résultats du travail fourni aujourd'hui sur l'émergence d'infrastructures servicielles dans les lieux publics (gare, parking...) qui vient d'ores et déjà compléter l'offre globale de services à la mobilité.

Est-ce qu'il y a une place pour les PME dans cette chaîne ?

Oui ! Les PME sont déjà force de propositions, beaucoup de projets sont issus d'idées émanant des PME. Elles font preuve d'un grand dynamisme, de créativité et savent prendre des risques.
Par nature, les PME ont cette capacité de sentir le marché, elles peuvent faire des tests-erreurs et s'arrêter très rapidement en cas de fausse route. Mais elles restent très fragiles si elles n'ont pas accès rapidement au marché de masse. Et sur ce point, l'automobile reste "une tour imprenable" avec des conditions d'accès économique très difficiles ; alors que parallèlement cela représente un magnifique tremplin pour une petite structure, bien au-delà de nos frontières.
Sur les technologies d'avenir à explorer, il y a par exemple les interfaces avec les infrastructures intelligentes, la sécurité interactive qui fait collaborer les véhicules avec l'infrastructure et les usagers, l'automatisation, les interfaces homme-machine au sens large car la conduite reste encore une tâche très complexe. Il faut aussi regarder les transferts de technologies, par exemple pour les circuits imprimés, les capteurs... et plus largement les technologies fondamentales et transverses qui sont très nombreuses et qui représentent de bonnes pistes de développement.

Est-ce que vous avez une activité de veille pour définir et suivre ces pistes ?

Oui, nous avons même créé une "trend antenna" qui a vocation à capter les tendances d'autres secteurs sur des sujets aussi variés que l'imagerie 3D, les usages autour de la mobilité... Autant de signaux faibles que nous cherchons à capter et à analyser. C'est très utile pour rester force de proposition dans un secteur en mutation.

Un mot pour les PME qui nous lisent ?

Deux mots. Un fait rare qui a son importance : il y a aujourd'hui de plus en plus de petits constructeurs en France qui sont autant de clients potentiels pour les PME.
Un conseil aussi : lorsque l'on présente son innovation ou son produit, il faut veiller à bien prendre en compte la valeur ajoutée apportée dans sa globalité (et pas seulement le coût de fabrication) ; bien se positionner pour mieux négocier.

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Symposium & Expo EVS32 : les pôles exposent ensemble

L'édition 2019 de cet événement international sur les véhicules électriques se déroulera à Lyon du 19 au 22 mai 2019.

Les pôles auto seront présents sur l'espace Clusters aux côtés d'adhérents pour présenter leurs innovations : Institut VEDECOM, Gaussin Manugistique, ID4Cable (Delta Composants, Bretagne Ateliers, Sarr, Techno MAP) et TYGA.

N'hésitez pas à nous rendre visite !

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